Le Président de la République S.E Paul BIYA a prêté serment ce 06 Novembre date historique pour un huitième mandat à la tête du Cameroun, dans un climat politique tendu et une atmosphère diplomatique chargée. Si la cérémonie d’investiture s’est déroulée selon les règles républicaines, elle n’a pas échappée aux regards critiques de certaines puissances occidentales, notamment la France, l’Union Européenne et la posture américaine à travers le Président de la commission des affaires étrangères du Sénat américain, dont les réactions post-électorales ont révélé une position ambivalente entre manque de respect, oscillant entre hypocrisie diplomatique et pressions voilées. Le Conseil Constitutionnel ayant validé les résultats, ces partenaires traditionnels du Cameroun ont exprimé des inquiétudes sur la transparence du processus avec un penchant pour un nouvel agent recruté à la volée pour justifier une crise préparée. Il n’a d’ailleurs pas hésité à leur faire appel alors même que la bataille de la souveraineté bat son plein dans les pays africains conscients des enjeux géopolitiques et géostratégiques mondiaux. Cette attitude interprétée par plusieurs observateurs avertis comme une forme de chantage diplomatique pose la question centrale de la souveraineté concrète du Cameroun que le Président élu qui entre de nouveau en fonction devra affirmer sans filtres au regard de sa grande expérience dans un monde multipolaire instable.
Depuis plusieurs années, le Cameroun navigue entre coopération internationale et affirmation de son autonomie stratégique. Mais les réactions occidentales à la réélection du Président Paul BIYA illustrent une persistance des logiques néocoloniales, où l’ingérence se dissimule derrière les discours sur la démocratie et les droits humains. La France tout en maintenant ses intérêts économiques économiques et militaires dans la région, a multiplié les signaux de désapprobation, notamment à travers des canaux diplomatiques et médiatiques. L’Union Européenne quant à elle, a adopté une posture plus technique, évoquant des « insuffisances structurelles » dans le processus électoral, sans remettre en cause la légitimité institutionnelle du scrutin. Ces prises de position, bien que formulées avec prudence traduisent une volonté de conditionner les relations bilatérales à travers des critères politiques définis unilatéralement.
Dans un tel environnement et contexte, le Cameroun à travers le Président Paul BIYA très expérimenté est appelé à redéfinir sa posture géopolitique. Il ne s’agit pas de rompre brutalement avec ses partenaires historiques, mais de sortir du schéma de dépendance qui entrave sa capacité à décider librement de ses orientations stratégiques. Le chantage diplomatique qu’il soit financier, médiatique ou institutionnel doit être identifié, dénoncé et neutralisé. Cela implique une diversification des alliances que le Président BIYA a su initier à temps, une consolidation des partenariats africains en particulier les pays de l’AES et une diplomatie offensive fondée sur la défense des intérêts nationaux. Le pays dispose des leviers nécessaires pour affirmer sa souveraineté : une position géographie stratégique, des ressources naturelles convoitées, une jeunesse dynamique et une tradition diplomatique respectée. Mais cette affirmation doit désormais se faire avec une volonté politique claire et affichée pour une rupture totale avec les mécanismes de contrôle hérités de la colonisation.
La prestation de serment du Président BIYA ne doit pas être perçue comme une simple reconduction du pouvoir, mais comme une opportunité historique de repositionner le Cameroun sur l’échiquier international. Face aux multiples tentatives de déstabilisation marquées par la crise dite anglophone à travers laquelle des jeunes sont payés, armés pour détruire et tuer leurs propres frères, et l’incursion injustifiée des terroristes de boko haram en territoire camerounais, et à toutes les pressions extérieures, le pays doit adopter une posture de dignité, de lucidité et de fermeté. La souveraineté ne se négocie ou ne se marchande pas. Elle se construit, se défend et s’affirme. Le Cameroun a désormais le devoir de se détacher du dictat colonial, de refuser le chantage diplomatique et de tracer désormais sa propre voie, celle d’un état libre, respecté, stratégiquement autonome avec de nouveaux hommes qui incarnent cette vision souverainiste. Ils doivent être jeunes, dynamiques, compétents et surtout détachés de tout contrôle généralement exercé à travers les cercles spirituels, mystiques, philosophiques et ésotériques bien connus.
Éric Moïse NKOUANDOU M.